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J'ai été la "délesse" au secondaire

Photo du rédacteur: Marie LyneMarie Lyne

Été 1990.


Je n'ai plus d'amis. Une chicane de fifilles et trois amies m'ignorent et me jettent un peu avant la fin de la 6e année du primaire.

Mon père me force tout l'été à aller jouer au parc... seule. J'angoisse tous les jours. "Fais-toi des amis, Marie-Lyne!".


La fin des vacances arrive à grands pas et j'ai des maux de ventre juste à penser aller acheter mes effets scolaires pour le secondaire.

Je n'ai toujours pas d'amis. Seule dans ma chambre, jusqu'à ce que je doive me retrouver encore seule au parc.


On se moque de moi au parc, car en 90, quand tu es seule, tu es une délesse! Fac, personne ne te parle et c'est un cercle vicieux.


Je pleure à la maison quand mon père insiste pour que je sorte. Il ne comprend pas et me répète : "Va te faire des amis!"


Et voilà le jour J : mon entrée au secondaire. Et ce moment tant redouté est arrivé.

J'attends, appuyée sur le support à ballons poires, je regarde les jeunes en "gang" rigoler et là, là-bas, au coin des "hot", les trois amies me regardent, me pointent du doigt et rient.


Je veux mourir.


Les 5 minutes les plus longues de ma vie. 5 minutes à attendre la maudite cloche. Avoir si hâte d'être en classe. Seule, mais, au moins, plus anonyme.


Et c'est à ce moment que je me suis fait la promesse. Celle de ne plus jamais être alone.

J'ai donc été tout au long de mon secondaire une fille avec beaucoup de connaissances et, par la suite, avec des vingtaines d'amis à en manquer de temps!


Un peu plus de 30 ans plus tard, je te garantis que j'aime la solitude. Des amis, j'en ai eu plein. Mais de vrais amis, je les compte sur 3 doigts. Elles sont là et ne me jugent pas. Et je sais qu'elles se reconnaîtront.


Je n'ai plus ce besoin de m'étourdir avec des vingtaines de rendez-vous et sorties de toutes sortes. Je rêve même des soirées seule!


Il y a des blessures qui prennent plus de temps que d'autres à guérir.


Celle-là aura pris plus de 30 ans. Même que, parfois, je me fais un devoir de recueillir les gens seuls pour leur éviter de vivre du rejet! J'ai encore des croûtes à manger, faut croire.


Si je pouvais parler à cette Marie-Lyne de 12 ans lors du mois de septembre 1990, je lui dirais: "tu es géniale et il y a des gens qui voudront être ton amie. Sois confiante; ça ira bien."



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